Une formule magique

Abracadabra, Bibbiti Bobbiti Bou, une formule magique est souvent une composition sonore originale, qui produit un effet inhabituel: les portes s’ouvrent, les objets prennent vie, les personnes se transforment. En créant Happy Pocket Brass, nous avons par sérendipité créé une formule encore inouïe dont nous ne mesurions pas la puissance. Le format réduit du groupe permet aux forces d’évocations des lignes mélodiques, au pouvoir de transe des tambours et aux vibrations incantatoires des basses de converser joyeusement par le médium de thèmes connus, souvent des chansons pop, transformés par un souffle qui prend source à la Nouvelle Orléans et qui emporte avec lui une volée de hashtags, #jazz #soul #groove #funk #pop #neworleans #secondline…
Une formule magique a souvent des effets inattendus. A peine prononcée, la formule Happy Pocket Brass se retrouve convoquée pour des rendez-vous Jazz Aux Écluses, Jazz à l’Ouest (Rennes, 35), Les Hivernales du Jazz (Ploeren, 56), Jazz en Place(Lanvallay, 22) …

Lanvallay. Saint-Solen, terre d’accueil pour un concert de jazz le 25 août

Ouest-France  Mardi 17 août 2021

À l’occasion de la quinzième édition du festival Jazz en place, à Dinan (Côtes-d’Armor) et dans les communes voisines, du mardi 24 au dimanche 29 août 2021, nous sommes allés à la rencontre de Benoit Gaudiche, trompettiste et fondateur du trio Happy Pocket Brass, qui se produira mercredi 25, à Saint-Solen, à Lanvallay.

Quelle est l’origine de votre formation musicale ?

J’ai créé le trio Happy Pocket Brass pour répondre à l’invitation de Guillaume Saint-James (compositeur et saxophoniste), qui souhaitait proposer une formule plus légère pour le festival Jazz aux écluses, à Hédé-Bazouges (Ille-et-Vilaine), en juin 2018. J’envisageais une formule de ce type depuis un certain temps, sans instrument harmonique, quelque chose de libre et de souple, de ludique.

Comment avez-vous trouvé vos musiciens ?

Choisir mes acolytes a été évident : Matthieu Letournel (sousaphone) et Stéphane Stanger (batterie) partagent la même gourmandise musicale que moi. Je joue régulièrement avec Matthieu au sein d’Out Of Nola, un brass band rennais. Stéphane est Rennais, Matthieu habite à Plouër-sur-Rance, je suis à Tinténiac, la proximité n’est pas qu’intellectuelle !

Et quel style musical proposez-vous au public ?

Le parti pris de départ a été de réutiliser des mélodies de chansons pop, qui traînent dans le souvenir du plus grand nombre. L’idée est de jouer avec, de les déstructurer, de ne garder que leur tempo et la ligne de basse ou au contraire évoquer la mélodie dans un contexte très éloigné.

C’est quelque chose qui s’est toujours fait dans le jazz. Par exemple My Favorite Things, de Coltrane est un thème de la comédie musicale La Mélodie du Bonheur. Ça permet également de créer un jeu avec le public. Sousaphone, batterie, trompette, l’instrumentarium évoque naturellement l’univers de la Nouvelle Orléans, berceau du jazz. Alors oui, parfois, on fait rouler la caisse claire et tourner une ligne de basse pour le plaisir du groove de cette ville. Mais Matthieu et Stéphane sont aussi d’excellents mélodistes, certains morceaux sont construits sur une harmonie entre nous trois.